• "Je suis à l'Est!" de Josef Schovanec

    "Je suis à l'Est!" de Josef Schovanec

    Présentation de l'éditeur

    Le premier témoignage d’un autiste français qui a accepté de nous ouvrir les portes de son monde intérieur. « Je vis avec l’autisme », écrit Josef Schovanec, soulignant ainsi ce qu’il considère plus comme une qualité que comme un handicap. Ce voyageur passionné des civilisations anciennes maîtrise une dizaine de langues, est diplômé de Sciences Po et possède un doctorat en philosophie. Il récuse pourtant les attributs qu’on lui prête – ceux d’un autiste « génial » aux capacités intellectuelles extraordinaires – pour évoquer plutôt, avec beaucoup d’humour et de sensibilité, ces « petits » problèmes qui font le quotidien d’un autiste Asperger : les longues préparations nécessaires avant de prendre le métro ou de se rendre à un rendez-vous, l’angoisse qui l’étreint lorsque le téléphone sonne, la panique face au moindre imprévu, la difficulté à comprendre les codes sociaux et à nouer des relations amicales classiques, sa passion obsessionnelle pour les bibliothèques et les livres… Il revient aussi sur son parcours psychiatrique aberrant : faute de diagnostic posé, il a évité de peu l’internement ! L’autisme reste un sujet polémique dans le monde scientifique et associatif. Josef Schovanec est né le 2 août 1981 en région parisienne. Ses parents d’origine tchèque ont émigré dans les années 70. Après une scolarité chaotique, il obtient un bac C à 17 ans avec la mention très bien. Diplômé de Sciences-Po Paris, il continue son parcours étudiant en s’inscrivant  à l'INALCO. Aujourd’hui, il poursuit son étude des langues et donne des conférences sur l’autisme. Il occupe un poste à mi-temps d’assistant de l’adjoint au maire chargé de la vie associative à la Mairie de Paris.

     

    Un autre regard sur l'autisme...

    Je ressors riche de ma lecture du livre "Je suis à l'Est!" de Josef Schovanec!  La bibliothécaire me disait qu'elle regardait une petite émission télévisée intitulée "Vestiaire"? qu'elle ne raterait pour rien au monde.  Elle me dit qu'on y interroge plusieurs personnes atteintes de divers handicaps et que Josef Schovanec y intervient régulièrement et qu'elle adore son humour décapant!  J'ai recopié quelques passages du livre que j'ai beaucoup aimé.Je trouve tellement dommage que la France soit tellement à la traine en matière d'éducation ou encore en matière de prise en charge des "personnes différentes", que la normalisation y soit valorisée plus que tout!!!    Comme il le dit si bien dans son livre: "En France, le sommet du succès d'un jeune est d'entrer à l'Ecole normale supérieure et d'être agrégé, de rejoindre le troupeau, au sens étymologique."  "Il est néanmoins probable que, à mes yeux, la moindre valorisation de la standardisation à l'école en Amérique contribue à rendre possible le fait que l'autisme y soit mieux perçu.  Voire devienne une sorte de qualité, un attribut enviable."  Ce serait tellement bien et tellement plus riche si seulement l'épanouissement de l'individu en tant que tel avec sa personnalité propre était la priorité!  C'est notre utopie et c'est pour cela que nous nous battons, en étant chaque jour, un peu comme le dit Gandhi, le changement que nous voulons voir dans le monde...  J'ai aussi beaucoup aimé le regard "multilinguiste" de Josef Schovanec qui nous montre que certains termes en langue française peuvent être perçus de façon très péjoratives dans d'autres langues,...  Le chapitre intitulé "Comment se débarrasser des autistes et des autres", dans lequel il explique combien la politique pratiquée jusqu'à maintenant autour de la trisomie 21 s'avère être un échec sur tous les plans, est également très interpelant! J'aime aussi beaucoup sa phrase: "Je préfère la compagnie des fous".  Et la dernière page du livre où il nous dit de ne pas nous enfermer dans une case; qu'il nous en manquerait une!  Même son explication sur les personnages politiques infects, tels que Trump (on est en plein dedans!)!  Waw!  Et juste après cette lecture, je viens de lire un fabuleux livre abordant la peine de mort, traduit d'une militante coréenne (prochain livre dont j'aimerais parler sur le blog!), où on nous explique que les criminels, ne naissent pas criminels mais que ce sont "des malades mentaux qui n'ont pas été diagnostiqués, dès l'enfance ce sont comme des voitures au moteur défectueux, des enfants qui ont subi des mauvais traitements, dès leur enfance on constate que leur cerveau présente des lésions de 5 à 10%..."  Je me sens portée par ces lectures, un peu à l'image de cette citation qui dit, en gros: "Il faut donner une piqure d'amour...  Et si cela ne marche pas?  Donne un rappel (<<A wise phsyician said, “The best medicine for humans is love.” Someone asked, “If it doesn’t work?”  He smiled and answered, “Increase the Dose.” >>~ Author Unknown!  = <<Un médecin a dit une fois: "La meilleure médecine pour l'humain est l'amour".  Quelqu'un a demandé: "Et si ça ne marchait pas?"  Il sourit et dit: "Augmenter la dose.">>)

    Il me semble que l'humanisation est, plus que jamais, une urgence et une nécessité!"

     

     

    Quelques extraits...

    (p. 124) Einstein

    <<J'ai été assez intrigué par les recommandations récentes de la Haute autorité de santé (HAS).  L'une des solutions proposés à longueur de page aux situations d'autisme est de faire des tests: évaluer, noter...  Comme si le fait d'attribuer une note allait changer quelque chose à la situation.  Prenons le cas de certains autistes considérés maintenant comme ayant réussi: professeurs d'université, prix Nobel.  Très souvent dans leur enfance, on disait d'eux qu'ils étaient complètement débiles et déficients mentaux.  Un professeur d'Einstein avait énoncé la fameuse sentence: de cet enfant rien de bon ne surgira.  Aujourd'hui, tout le monde essaye de récupérer Einstein pour illustrer sa cause.>>

     

    (p. 196) --> multilinguisme traduire "normalisation"

    en d'autres langues "normalisation" est un terme sinistre

    <<La normalisation y est valorisée plus que tout>>, en parlant de la France.

    <<En France, le sommet du succès d'un jeune est d'entrer à l'Ecole normale supérieure et d'être agrégé, de rejoindre le troupeau, au sens étymologique.>>

     

    (p. 196) L'autisme perçu comme une "qualité", aux USA

    <<Il est néanmoins probable que, à mes yeux, la moindre valorisation de la standardisation à l'école en Amérique contribue à rendre possible le fait que l'autisme y soit mieux perçu.  Voire devienne une sorte de qualité, un attribut enviable.>>

     

    (p. 196 à 198) Trisomie 21, génétique

    "Comment se débarrasser des autistes et des autres"

    << (...) la politique pratiquée jusqu'à maintenant (...) s'avère être un échec sur tous les plans. (...)

    C'est un échec financier, parce que la campagne de détection systématique suivie d'avortements non moins systématiques coûte cher.

    Un échec technique, notamment au niveau des test, ceux-ci n'étant pas du tout aussi fiables qu'on le croyait (...)

    Un échec au niveau du succès des avortements, puisque pour un enfant potentiellement trisomique avorté, deux non trisomiques le sont également, par erreur ou effets secondaires des tests.  Sans même évoquer l'échec humain, sous la forme de l'acharnement sur les parents qui pour une raison ou pour une autre refusent de se plier à l'injonction médicale (...)

    Enfin, l'échec le plus patent se situe peut-être à un autre niveau.  La France a complètement manqué le coche de la prise en compte pour ne pas dire de la prise en charge, de la trisomie 21.

    Dans d'autres pays --> Etats-Unis --> Europe --> Espagne développé techniques pour un peu mieux éduquer, ou intégrer, les personnes trisomiques.  Maintenant, cas de plus en plus fréquents de gens trisomiques 21 qui réussissent tests psychométriques pour entrer à l'université américaine; alors que beaucoup de gens, les gens les plus normaux, y échouent.

    (...)

    En somme, la génétique, terme issu de la très vieille racine indo-européenne signifiant <<naître>>, devient parfois une <<thanatique>>, sapience ou pratique de la mort, non seulement pour les êtres directement concernés, mais pour les potentialités sociales en général.>>

     

    (p. 189) --> Trump

     <<Certaines personnes que j'ai pu croiser dans le petit monde de la politique ont des compétences sociales hors du commun.  Certains sont pourtant, ou plutôt à cause de cela, des personnages infects.  Leur visage ne reflète jamais leurs émotions, mais constitue une sorte d'artifice permanent pour désarçonner l'autre et profiter du moment opportun pour parvenir à leurs fins.  Leur grande aisance à séduire, dont on pourrait se féliciter, se traduit par de nombreux abus (...) devenir diabolique (...) ressembler à Donald Trump (...)

     

    (p. 205) <<Je préfère la compagnie des fous.>>

     

    (p. 247) ne nous enfermons pas dans une case.  Il nous en manquerait une

    L'être humain est complexe(dernière page du livre)

    <<Parfois, quand j'utilise l'expression "personne avec autisme", on me la reproche.  On ne peut "avoir" l'autisme comme on a une montre, on peut "être" autiste.  C'est donc un peu par provocation que je continue de dire "avec autisme", en l'alternant certes avec d'autres expressions.  Non pas que je croie que l'on puisse avoir un jour l'autisme comme une valise (un parapluie, diront les psychanalystes et les amateurs de blagues psychanalysantes), et le ou la laisser le lendemain à la maison, mais parce que la simple allusion à cette possibilité met en lumière le fait que la personne, quoi qu'il arrive, dépasse de sa valise.

    En somme, je crois que l'être humain est très complexe.

    Que l'on ne peut jamais le décrire en un seul critère.  C'est pour cela que je ne peux me définir par l'autisme; l'autisme est une de mes particularités, comme, par exemple, le fait que je mesure environ 1,95 mètre.  La seule grille de l'autisme, à supposer qu'elle existe et soit unique, ne peut pas rendre compte de ma personnalité, comme elle ne rend pas compte de la personnalité de personne.

    Je me méfie des théories qui voudraient réduire l'être humain à un mécanisme d'horlogerie.  Je crois que l'être humain est beaucoup plus composite, en mouvement.  Ne l'enfermons pas, ne nous enfermons pas dans une case.  Il nous en manquerait une.>>

     

    Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :